Le dépistage consiste à rechercher la présence d’un diabète chez une personne qui ne présente pas, a priori, de symptômes. C’est un acte préventif, souvent proposé de manière systématique à certaines populations considérées comme à risque. Le dépistage ne confond pas la maladie : il vise à détecter précocement une éventuelle anomalie afin d’aller plus loin, en cas de résultat anormal, vers le diagnostic.
Le dépistage n’est pas systématique pour toute la population mais ciblé :
En France, la HAS (Haute Autorité de Santé) recommande un dépistage tous les 3 ans en cas de facteurs de risque (HAS).
Le plus couramment, le dépistage repose sur une prise de sang à jeun, destinée à doser la glycémie :
Après un résultat positif au dépistage, le diagnostic doit être confirmé par des examens spécifiques.
Le diagnostic est une étape médicale encadrée : il s’effectue lorsqu’un dépistage s’est révélé suspect ou qu’un patient présente des symptômes évoquant un diabète (soif intense, urines abondantes, fatigue inexpliquée, amaigrissement…). Il ne suffit pas d’une seule mesure, le diagnostic doit être validé par des critères et répété dans le temps.
| Examen | Valeur seuil | Conditions |
|---|---|---|
| Glycémie à jeun | ≥ 1,26 g/l (7 mmol/l) | À deux reprises |
| Glycémie, à tout moment de la journée | ≥ 2,00 g/l (11,1 mmol/l) | En présence de symptômes |
| Hémoglobine glyquée (HbA1c) | ≥ 6,5% | Non recommandé seule en France, mais critère OMS |
| HGPO (test d'hyperglycémie orale) | ≥ 2,00 g/l (11,1 mmol/l) à 2h | Surtout utilisé pendant la grossesse |
Il serait tentant de croire qu’un dépistage “positif” équivaut à un diagnostic : c’est faux et potentiellement risqué. Les deux démarches s’imbriquent pour accompagner au mieux la personne :
Une glycémie anormale ne veut pas toujours dire diabète : il existe aussi des états intermédiaires, comme l’hyperglycémie modérée à jeun ou la “pré-diabète”. Or, près de 17% des adultes en France présentent un pré-diabète (ARS Île-de-France).
Le dépistage est simple, rapide, parfois gratuit. L’enjeu majeur reste de l’intégrer dans le parcours de soins, surtout pour ceux qui se sentent “en pleine forme”. Être dépisté n’est pas se sentir malade : c’est se donner toutes les chances de rester en bonne santé.
Dépistage et diagnostic ne représentent pas la même chose sur le plan émotionnel :
Les professionnels de santé sont formés pour accompagner ces moments, expliquer chaque étape, écouter et rassurer. L’objectif est d’envisager la suite de façon positive, et adaptée à chaque situation personnelle.
Les avancées technologiques transforment peu à peu la manière dont le dépistage et le diagnostic du diabète sont réalisés. Par exemple :
À l’avenir, l’enjeu sera d’affiner encore la personnalisation du dépistage… et de l’accompagnement qui en découle.
La différence entre dépistage et diagnostic du diabète n’est pas qu’une question de vocabulaire technique : elle structure tout le parcours de soins et de prévention. Le dépistage, simple et ciblé, s’adresse surtout aux personnes à risque et vise à prévenir. Le diagnostic, plus rigoureux, pose un nom et permet de déployer l’ensemble des moyens d’accompagnement. Renseignez-vous auprès de votre médecin, tendez l’oreille lors des campagnes nationales, et si vous avez des doutes ou un facteur de risque, n’attendez pas : un simple test peut changer la donne et permettre d’agir tôt.
Pour aller plus loin : les liens utiles d’acteurs de référence
Comprendre et agir, c’est le duo gagnant pour garder la main sur le diabète et favoriser une qualité de vie durable. Le prochain pas est peut-être tout simplement… de poser la question à votre professionnel de santé.