Ce qu’on entend souvent… et ce qu’on sait vraiment

« Le diabète, c’est une maladie des gens qui mangent trop de sucre ! » Cette phrase revient systématiquement lors d’ateliers ou de formations, comme un refrain ancré dans l’imaginaire collectif. Pourtant, la réalité est bien plus complexe. Si l’alimentation sucrée a une place dans l’histoire du diabète, réduire cette maladie à la seule consommation excessive de sucre est non seulement réducteur, mais aussi source de confusion et, parfois, de culpabilité inutile.

Pour bien comprendre le lien entre le sucre et le diabète, il convient d’abord de distinguer les différents types de diabète, puis de s’intéresser aux mécanismes et aux nombreux facteurs de risque identifiés par la recherche scientifique.

Les différents types de diabète : un panorama essentiel

Le diabète de type 1 et le diabète gestationnel échappent donc d’emblée à l’accusation directe d’une consommation excessive de sucre. Quid du diabète de type 2, souvent caricaturé ?

Le sucre : une pièce du puzzle, mais pas la seule

Le mot “diabète” évoque presque toujours les aliments sucrés, mais l’explication est loin d’être aussi directe ! Quand on parle de sucre, il faut distinguer entre :

La consommation excessive de sucres rapides, en particulier sous forme de boissons sucrées, est effectivement associée à une augmentation du risque de diabète de type 2. Une méta-analyse parue dans le British Medical Journal (2013) indique que boire une boisson sucrée chaque jour augmente le risque de développer ce type de diabète d’environ 20 %. Toutefois, cela ne veut pas dire que le sucre seul est responsable !

D’autres facteurs de risque majeurs à connaître

De nombreuses études ont permis de mettre en évidence une constellation de facteurs agissant en synergie, dont :

Pour illustrer cette diversité, le diabète de type 2 est recensé chez des personnes mangeant peu de sucre mais présentant d’autres facteurs, et absent chez d’autres pourtant grandes consommatrices de sucreries, mais pratiquant beaucoup d’activité physique, ou ayant une bonne génétique.

Quelle est vraiment la place du sucre dans l’apparition du diabète ?

Ce n’est pas tant la quantité totale de sucre consommée qui prime, mais surtout :

Sur ce point, plusieurs études montrent que les boissons sucrées constituent un facteur de risque beaucoup plus fort que les aliments solides sucrés (Source : American Diabetes Association).

Une particularité : la consommation régulière de grandes quantités de sucre pendant l’enfance favorise l’apparition d’une insulino-résistance, mais c’est souvent la combinaison avec d’autres facteurs qui fait pencher la balance.

D’autres idées reçues à déconstruire

Quelques chiffres pour sortir des clichés

Prévenir, c’est agir sur plusieurs fronts

La prévention du diabète repose donc sur :

  1. Limiter les sucres rapides, surtout les boissons, mais sans diaboliser les aliments modérément sucrés intégrés dans une alimentation équilibrée
  2. Privilégier les aliments à index glycémique bas (fruits entiers, céréales complètes…)
  3. Maintenir un poids stable ou maîtriser la prise de poids excessive
  4. Augmenter la part de l’activité physique (marche rapide, vélo, natation… à raison de 30 minutes au moins 5 fois par semaine selon l’Assurance Maladie)
  5. Éviter la sédentarité prolongée (pauses régulières en position assise, escaliers plutôt qu’ascenseur)
  6. Surveiller ses facteurs personnels de risque (antécédents familiaux, hypertension, cholestérol, etc.) avec son médecin
  7. Favoriser des repas riches en fibres, en protéines de qualité et pauvres en produits ultra-transformés

Il s’agit donc de repenser l’alimentation et le mode de vie dans leur globalité, plutôt que de stigmatiser un seul nutriment.

Aller au-delà de la peur du sucre : comment mieux communiquer autour du diabète ?

La focalisation quasi-exclusive sur le sucre a un effet pervers : elle détourne l’attention des autres causes modifiables et culpabilise inutilement. Parler d’équilibre, de diversité alimentaire, de mouvement, de gestion du stress et d’environnement social permet d’accompagner efficacement les personnes à risque et les patients diagnostiqués.

Mieux informer pour donner une vision nuancée, c’est aussi aider à mieux vivre avec un diabète, à faire des choix avisés sans fausse peur, à ouvrir le dialogue avec son soignant et à oser poser des questions… même celles qui semblent naïves. C’est tout l’esprit d’un engagement durable contre la maladie !

Envie d’en savoir plus sur l’alimentation, les mécanismes du diabète ou les dernières avancées thérapeutiques ? Des ressources fiables vous attendent sur le site de la Fédération Française des Diabétiques, l’International Diabetes Federation ou encore le site de la Haute Autorité de Santé.

Le sucre a sa place dans l’histoire du diabète, mais ce serait une erreur de le désigner comme unique coupable. Comme souvent en santé, la clé réside dans la globalité, la mesure et la nuance.

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