1. « Le diabète, c’est une maladie du sucre ! »

La phrase revient trop souvent, au point d’être répétée machinalement : « Si tu as du diabète, c’est à cause du sucre que tu manges ! ». Mais la réalité est plus complexe.

Le diabète de type 1 n’est pas causé par la consommation de sucre ou par l’alimentation. Il s’agit d’une maladie auto-immune, où le système immunitaire détruit les cellules du pancréas qui produisent l’insuline.

À l’inverse, le diabète de type 2, qui représente 90 % des cas, est lui, lié à une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux (sédentarité, alimentation déséquilibrée, surpoids).

2. « On devient diabétique en mangeant trop de sucre »

Cette croyance découle du précédent préjugé, mais elle mérite d’être nuancée :

À savoir : Selon Santé publique France, une alimentation équilibrée, incluant modérément des glucides complexes (féculents, céréales complètes) aide à contrôler la glycémie sans pour autant bannir le sucre de façon stricte. Aucun aliment, pris isolément, ne « fait » devenir diabétique.

3. « On peut reconnaître un diabétique au premier coup d’œil »

Le visage, la silhouette ou l’âge ne permettent pas de « voir » si une personne est diabétique.

En réalité, plus d’un tiers des personnes diabétiques ignorent leur maladie en France, car elle est silencieuse dans ses débuts (Inserm, rapport 2023).

4. « Seuls les adultes âgés sont touchés »

Tranche d'âge Évolution du diabète de type 2 (France, 2010-2020)
15-24 ans +41 % de diagnostics (Santé Publique France)
25-34 ans +22 %

Le diabète ne choisit donc pas un âge en particulier : chaque âge de la vie peut être concerné.

5. « C’est une maladie légère ou pas grave »

Le diabète n’est pas une « petite maladie » ! C’est même l'une des principales causes mondiales de complications cardiovasculaires, d’insuffisance rénale ou de cécité chez l'adulte (OMS).

Une prise en charge adaptée permet cependant de réduire ces risques de façon très significative.

6. « Le diabète interdit les petits plaisirs et la vie normale »

De nombreux patients pensent devoir dire adieu aux restaurants, aux gâteaux d’anniversaire, ou aux vacances. Cette vision culpabilisante n’a plus lieu d’être.

En témoigne la diversité des profils rencontrés : étudiants, professionnels actifs, sportifs, jeunes parents… Beaucoup gèrent leur diabète tout en préservant une vie sociale et professionnelle intense. Les restrictions totalisantes appartiennent au passé !

7. « On ne peut rien faire contre le diabète, c’est une fatalité »

À garder en tête : Agir sur son mode de vie, même de façon progressive, peut tout changer. Chaque petit changement compte : ne pas sous-estimer l’impact des « petits pas ».

8. « Les traitements sont dangereux ou addictifs»

Le vrai danger, c’est l’absence ou l’arrêt de traitement sans suivi médical. Aucune addiction n’a été rapportée aux antidiabétiques.

9. « Les produits light ou sans sucre sont sans danger pour les diabétiques »

La mention « light » ne veut pas dire « inoffensif ». Plusieurs points de vigilance :

10. « On ne peut pas pratiquer de sport avec un diabète »

Longtemps, l’activité physique a été déconseillée aux personnes diabétiques, par crainte d’hypoglycémies. Or, les recommandations ont évolué :

Plusieurs athlètes de haut niveau sont diabétiques, et cela ne les empêche pas d’atteindre les podiums (exemple : Sir Steve Redgrave, médaillé olympique, diabétique de type 1).

11. « L’autosurveillance glycémique est inutile ou réservée aux patients sous insuline »

L’autosurveillance peut avoir toute sa place :

12. « Il y a un seul diabète »

Il existe en réalité plusieurs formes de diabète :

  1. Le diabète de type 1 (auto-immun, touche surtout les jeunes).
  2. Le diabète de type 2 (fréquent chez l’adulte, lié à une résistance à l’insuline).
  3. Le diabète gestationnel (survenant pendant la grossesse).
  4. Des diabètes secondaires ou plus rares, comme le MODY.

Chaque type de diabète nécessite une approche spécifique (traitements différents, suivi particulier selon l’âge, etc.). Il n’existe donc pas de « recette universelle ».

D’autres croyances continuent de circuler :

Pour avancer : adopter un regard renseigné et bienveillant

Comprendre et déconstruire ces idées reçues est un pas décisif : non seulement pour lever la peur ou la culpabilité, mais aussi pour devenir acteur de sa santé. Mieux informé, chacun peut repérer les signes d’alerte, accompagner ses proches, ou encore aborder les consultations médicales avec sérénité.

Partager une information juste et moderne, c’est aussi l’affaire de tous : proches, professionnels de santé, enseignants, employeurs, médias… Ensemble, il est possible de faire évoluer les représentations, pour que vivre avec le diabète soit synonyme d’autonomie et d’espoir.

Et pour aller plus loin, le mieux reste toujours de croiser différentes sources fiables et d’échanger avec son équipe soignante. Pourquoi ne pas en parler autour de soi ? Une conversation bien informée, c’est déjà une première victoire contre les stéréotypes !

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