Quels types de diabète sont concernés par l’hérédité ?
On distingue principalement trois types de diabète où la part d’hérédité varie :
- Le diabète de type 1
- Le diabète de type 2
- Les diabètes monogéniques (dont le MODY et le NDM)
Le cas du diabète de type 1 : une question d’immunité… et de gènes
Le diabète de type 1 frappe souvent dès l’enfance ou à l’adolescence. Il est d’origine auto-immune : le système immunitaire se retourne contre les cellules du pancréas qui produisent l’insuline.
-
Hérédité : le terrain génétique joue un rôle, en particulier via certaines variantes du système HLA (human leucocyte antigen). Toutefois, la transmission “pure” du diabète 1 est rare. Selon l’Inserm, si un parent est atteint, le risque pour un enfant de développer un diabète de type 1 est de 3 à 8 %, contre 0,4 % dans la population générale.
-
Jumeaux : si l’un des jumeaux monozygotes a un diabète de type 1, l’autre ne le développera que dans 30 à 50 % des cas, signe d’un rôle de l’environnement.
À ce jour, plus de 40 gènes sont impliqués dans une augmentation du risque, mais aucun d’eux n’est “nécessaire et suffisant” à lui seul. (source : Fédération Française des Diabétiques, FFD)
Le diabète de type 2 : la forme la plus “familiale”
Le diabète de type 2 concerne la majorité des diabétiques dans le monde, souvent diagnostiqués après 40 ans et associés à des facteurs de mode de vie, comme le surpoids, la sédentarité, ou l’alimentation.
-
Un fort impact génétique : lorsqu’un parent au premier degré est atteint par le diabète de type 2, le risque pour ses enfants grimpe à 30 à 40 %. Si les deux parents sont concernés, ce taux dépasse les 60 %. (source : INSERM et American Diabetes Association)
-
Plus d’une centaine de gènes associés : selon les travaux du consortium international DIAGRAM, il existe plus de 100 variations génétiques qui modulent le risque d’apparition du diabète de type 2, chacune ayant un impact modéré, mais qui “s’additionnent”.
-
Le mode de vie reste décisif : même en cas de prédisposition, l’apparition du diabète dépend aussi beaucoup de l’activité physique, l’alimentation, etc. Il n’est jamais “inévitable” chez une personne seulement prédisposée.
Il est courant de voir plusieurs membres d’une même lignée concernée, surtout dans les familles où l’alimentation et le mode de vie sont similaires. Les cas de “transmission” multigénérationnelle témoignent autant d’une hérédité génétique que de facteurs familiaux partagés.
Les diabètes monogéniques : quand un seul gène fait basculer la balance
Il existe des formes beaucoup plus rares, où l’hérédité est directe : ce sont les diabètes dits monogéniques.
-
Le MODY (Maturity Onset Diabetes of the Young) : représente 1 à 2 % des cas de diabète. Ici, une seule mutation d’un gène – comme HNF1A, HNF4A ou GCK – provoque à coup sûr ou presque l’apparition du diabète, généralement avant 25 ans, sans surpoids, et avec une forte transmission parent-enfant. Le risque pour un enfant d’avoir le MODY si un parent est atteint est alors de 50 % (mécanisme autosomique dominant).
-
Le diabète néonatal permanent (NDM) : diagnostiqué avant 6 mois, il est associé à des mutations précises identifiées chez les deux parents (mode autosomique récessif) ou un seul (dominant).
Dans ces cas, le conseil génétique peut être proposé pour anticiper les risques chez les futurs enfants, et le diagnostic moléculaire est possible. (source : Société Francophone du Diabète, SFD)